Alberto López Sanjurjo


Escritor

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Ultimas publicaciones:

JACINTO OCTAVIO PICON, Trois femmes

ALEJANDRO SAWA, Pépinière de curés

ALS, Doña Gertrudis, Tomo III

PEDRO ANTONIO DE ALARCON, L'ami de la mort

LEOPOLDO ALAS, "CLARIN", Symphonie de deux romans

JOSE MARTI, Amitié funeste  

Un alma sencilla, cuento de GUSTAVE FLAUBERT

El alma de la casa, La cafetera, cuentos de THEOPHILE GAUTIER

La rébellion, nouvelle de ROMULO GALLEGOS

ALS, Enrique Humvol, Tomo III, El naufragio


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Derniers romans traduits: 

TROIS FEMMES de Jacinto Octavio PICON

« Dans une école de religieuses des environs de Madrid, il y avait, il y a plus de vingt ans, deux lycéennes qui s'aimaient énormément. Le sentiment d'amitié qui les unissait et qui naquit de circonstances extraordinaires propres à la situation de toutes deux, fut favorisé par leurs caractères puis se consolida dans la bataille de la vie. La plus âgée, qui s'appelait Susana, avait seize ans : elle était orpheline de père et mère et détentrice d'une grande fortune. Un oncle qui lui servait de tuteur et de curateur la confia aux religieuses qui, ayant connaissance de la richesse de la jeune fille, essayèrent avant tout d'éveiller en elle une vocation religieuse mais rapidement, persuadées qu'elle n'était pas attirée par les ordres, elles mirent toute leur ardeur à l'éduquer de façon à ce que son instruction et ses bonnes manières rejaillissent sur la réputation du couvent. 

 La seconde élève avait un an de moins que Susana et elle s'appelait Valeria. Ses origines étaient un mystère qui aurait pu servir de trame à un roman. Un vieil homme qui se présenta comme son père, la conduisit au couvent quand elle avait à peine cinq ans et, durant huit ans, il alla la voir tous les mois puis il ne réapparut plus du tout et n'écrivit pas même à celle qu'il appelait sa fille. Lorsque Valeria allait avoir quinze ans, les religieuses cessèrent de recevoir les mensualités habituelles. Pendant une autre année, Valeria continua de recevoir les mêmes attentions qu'auparavant, même si aucune mensualité ne fut versée, jusqu'à ce que les sœurs, faisant montre de prudence dans la gestion de leurs intérêts, décidassent de mettre fin à une situation dont elles n'attendaient rien de bon. Qui était Valeria ? Elles l'ignoraient. Elles se mirent alors à ruminer des idées de méfiance et à ressentir de la crainte, une crainte fort semblable à de la peur. » 



PEPINIERE DE CURES d'Alejandro Sawa

"A son arrivée, il n'y eut ni cri, ni bruit retentissant ni vacarme, ni reproche. Il avait été condamné à froid et il n'y eut absolument aucun élan de passion lorsque le châtiment fut prononcé. Froidement, avec simplicité et même avec attention, un des professeurs du séminaire, qui faisait office de bourreau, le conduisit jusqu'au cachot.

Là commençait le calvaire. Le cachot ressemblait à une sombre restauration des in pace du Moyen-âge. Une espèce de tombe dont l'humidité suintait de tous les murs, une sorte de trou maudit creusé dans la terre par les forces de la haine. L'abomination et la honte. L'antichambre de la mort… Et sans air ni lumière. Pouvait-il en être autrement? Pareille crypte ne pouvait-elle renfermer autre chose qu'un cadavre? 

Cependant, tout n'était pas aussi noir dans cette niche, il y avait même un siège: une pierre. Et même des amis pour distraire la mélancolie du prisonnier: des rats qui promenaient avec indifférence leur répugnance comme s'ils étaient chez eux. La pestilence et l'obscurité de ce trou funéraire firent que le jeune garçon fut pris d'angoisse. Mais la même intensité de ses sensations provoqua en lui une réaction et alors, il se mit à appeler à l'aide, donnant de grands coups de poings contre la porte – Ah et croyez bien qu'il en donna autant qu'il put de ses fébriles mains d'adolescent! - jusqu'à épuisement et sans recours possible. 

Personne ne répondit, ni même l'écho. 

Vient alors la folie; la raison arrive à la limite de ses résistances… et au-delà, elle succombe."


L'AMI DE LA MORT de Pedro Antonio de Alarcón

« Au bout de deux mois, Gil Gil, vêtu de haillons, affamé, affaibli par la maladie, sans un sou, sans famille, sans ami, sans cette vieille femme qu'il avait appris à aimer comme sa mère et, le pire de tout, sans espoir de s'approcher à nouveau de l'amie de ses premières années de jeunesse, sa tendre et bien-aimée Elena, abandonna l'échoppe (refuge de ses ancêtres et désormais propriété d'un autre cordonnier) et prit au hasard la première rue qu'il trouva, sans savoir où aller, ce qu'il allait faire, à qui s'adresser, sans travail, ni de quoi subvenir à ses besoins… Il pleuvait. C'était une de ces très tristes soirées au cours desquelles on a l'impression qu'y compris les horloges sonnent le glas, où le ciel est couvert de nuages et la terre de boue, où l'air, humide et blafard, étouffe la respiration dans le cœur des hommes, où tous les pauvres ont faim, tous les orphelins ont froid et où tous les malheureux envient ceux qui sont déjà morts. La nuit tomba et Gil Gil, qui avait de la fièvre, se recroquevilla dans l'embrasure d'une porte et, pris d'un chagrin infini, se mit à pleurer… L'idée de la mort s'offrit alors à son imagination, non parmi les ombres de la peur et les convulsions de l'agonie mais aimable, belle et lumineuse comme la décrivit Espronceda.»


AMITIE FUNESTE de José Martí

"Juan Jerez était un être noble. Riche de par ses parents, il vivait sans la petitesse d'esprit égoïste qui ternit tant un jeune homme mais sans cette abondance angoissante avec laquelle les jeunes riches écervelés gaspillent à travers des activités stupides, qu'ils appellent plaisirs, le patrimoine de leurs devanciers. Grâce à ses propres efforts et à un travail assidu, il s'était fait peu à peu une nombreuse clientèle en tant qu'avocat -entre nous profession pernicieusement répandue- dans laquelle il entra plus par désir de son père qui, dans la défense de litiges commerciaux, avait augmenté le capital familial initialement apporté par son épouse lors de leur mariage, que par sa propre volonté encline à des tâches plus actives et généreuses. Et ce fut ainsi que Juan Jerez, que la Nature avait doté d'une cuirasse de lumière avec laquelle elle revêt les amis des hommes, vint à passer, au milieu des péripéties judiciaires qui lui donnaient parfois la nausée et lui provoquaient des hauts le cœur, les plus belles années d'une jeunesse mure et impatiente qui voyait dans les inégalités de fortune, dans la misère des malheureux, objet plus digne que les litiges réglés au tribunal et défendus avec l'ardeur et la chaleur d'un cœur noble et viril."



 SYMPHONIE DE DEUX ROMANS de Leopoldo Alas :

« Rejoncillo méprisait autant la littérature qu'il respectait et admirait le barreau mais non en tant que « fin ultime », comme il disait, mais comme préparation à la politique et comme source de revenus. Il pensait devenir célèbre en tant que politicien et ainsi, gagner des clients en tant qu'avocat ; et une fois avocat ayant gagné des procès, il pensait en tirer parti pour gagner de l'importance en politique. C'était une pratique commune et Rejoncillo ne faisait que ce qui était courant de faire car c'était la meilleure des choses à faire. L'unique différence, c'est qu'il le faisait avec beaucoup d'entrain. Mais par contre, les élans de Rejoncillo étaient formidables. Si pour occuper un poste qu'il convoitait, il devait attaquer un pauvre collègue qui se trouvait au bord de l'abîme, par exemple, au bord du viaduc de la rue de Ségovie, Rejoncillo n'hésitait pas un seul instant et il donnait un coup de coude ou même un coup de pied dans le ventre de celui qui le gênait et il demeurait aussi imperturbable que Segismundo dans La vie est un songe, se disant in petto : « Par Dieu, cela est arrivé ! » Et pour qu'il n'eût pas de remords de conscience, il était devenu, le moment venu, un sceptique de ceux qui se cachent- qui sont ceux qui ont le plus d'habileté - un sceptique qui gardait son opinion pour lui-même et allait dans le sens du vent et défendait tout ce qui était stable, tout ce qui était vieux, tout ce qui « pouvait conduire, en somme, au pouvoir ».

ULTIMA NOVELA: DOÑA GERTRUDIS, tomo III: "En ese pequeño pero poderoso círculo provincial también se aceptaban a los advenedizos y afortunados e incluso se les perdonaban sus extraños modales y atávicos extravíos con tal de que su generosidad con las obras de beneficencia estuviese a la altura de su hacienda. Huelga decir que la Gertrudis del Perro del hortelano no era más que el humus sobre el que iba elevándose doña Gertrudis. Y cuando le ocurría pasar en calesa por la carretera que bordeaba el Río mayor, miraba con lástima por la ventanilla a esa creciente chusma que iba hacinándose en los barrios periféricos atravesados por esa mísera "Línea tres" que se estaba convirtiendo, según ella, en un peligroso enlace entre la barbarie y la civilización. Y ni hablar de los merenderos y ventorrillos de los puertos de la ribera que veía ahora como lugares de corrupción, vicio y perdición. Esa caterva harapienta, ese gentío ocioso, ese maremágnum inculto, esa gentuza sudorosa y maloliente le iba dando cada vez más asco, repugnancia y miedo, lo mismo que experimentaría ella, una vez integrada en la empresa, hacia los empleados y obreros del Manjar de los manjares." 


Parmi les orangers, de Vicente Blasco Ibáñez (traduction)

« Rafael, sans se rendre compte de ce qu'il faisait, sortit de chez lui et, peu après, il se retrouva sur le pont où quelques noctambules, le chapeau à la main, respiraient avidement contemplant le faisceau de reflets ondoyants comme des fragments de miroir que la lune projetait sur les eaux du fleuve. Il poursuivit son chemin à travers les rues du faubourg, esseulées, silencieuses et résonnantes sous ses pas ; une rangée de maisons blanches brillait sous la lune tandis que l'autre était plongée dans l'obscurité. Il se sentait subjugué par le mystérieux silence de la campagne.

Sa mère dormait en paix, il était libre jusqu'à l'aube et il cheminait comme attiré par ces sentiers qui serpentaient parmi les orangers où tant de fois il avait rêvé et espéré. Pour lui, ce spectacle n'était pas une nouveauté. Tous les ans, il assistait à la germination printanière de cette terre qui se couvrait de fleurs, imprégnant l'espace de parfum et, cependant, cette nuit-là, en voyant sur les champs l'immense manteau de neige de fleurs d'oranger blanchissant sous la lumière de la lune, il se sentit dominé par une douce émotion. Dans les roselières, chantait doucement un rossignol comme ébloui par la beauté de la nuit. L'envie de vivre était plus forte que jamais. Le sang semblait couler plus rapidement dans les veines, les sens s'affinaient et le paysage, de par sa pâle beauté telle ces immenses voluptés qui se savourent dans un recueillement mystique, imposait le silence. Rafael suivait son chemin habituel. Il se dirigeait vers la maison bleue.

C'était un adieu. Un caprice empreint de sentimentalisme romantique qui lui était venu à l'esprit en quittant la ville et en voyant les premiers orangers couverts de cette fleur dont le parfum avait retenu l'artiste durant de longs mois dans une attente emplie de patience. Leonora ne saurait jamais qu'il avait été là, près d'elle, dans ce verger silencieux inondé de lune, en adoration devant elle pour une dernière fois et prenant congé d'elle avec la douleur muette avec laquelle on dit adieu à l'illusion qui se perd à l'horizon ».

Tel père, tel fils

Loin de la propagande du pouvoir et des médias dominants, publics comme privés, qui ont perdu, depuis bien des années, tout sens de la déontologie journalistique pour n'être plus que des officines de reproduction de la communication gouvernementale, le mouvement lycéen et étudiant qui a débuté en France à la rentrée 2026 est sans conteste et quelque soit son issue, un mouvement de fond qui exprime un ras-le-bol face au délabrement et à l'abandon du service public mis en œuvre par les gouvernements successifs et au mépris affiché par ces derniers vis-à-vis des fonctionnaires autres, bien sûr, que ceux rattachés au maintien de l'ordre. 

D'où la rapidité avec laquelle il s'est étendu à l'ensemble du territoire national et son ampleur : il est aujourd'hui soutenu, d'une manière ou d'une autre, par la grande majorité des enseignants, des personnels d'éducation, de la primaire à l'université, des retraités et parents d'élèves et, au-delà, par les agents du service public en général.

Dans un contexte de paupérisation croissante des classes populaires et des classes moyennes et d'enrichissement honteux d'un dixième de la population, les politiques successives en matière d'éducation conduisent toutes vers une même finalité: la privatisation croissante de l'éducation via le désengagement de l'Etat. Pour ce qui est de l'Université, cette politique s'est accélérée depuis l'adoption de la loi d'autonomie des universités. 

Tout le monde a bien compris depuis fort longtemps qu'il ne s'agit pas de réduire les dépenses publiques pour rembourser la dette mais bien de répondre à un dessein purement idéologique selon lequel l'éducation relève du secteur privé et doit fonctionner selon le modèle entrepreneurial: faire des profits. A chacun ses priorités, comme on peut le constater depuis des lustres avec, par exemple, la très forte et constante augmentation du budget des armées que rien ne justifie et les millions versés aux grandes entreprises sans aucune contrepartie. A ce rythme, soyons clairs, d'ici quelques années, il y aura dans ce pays une école pour les pauvres et une école pour les riches, autrement dit, pour ceux qui auront les moyens de la payer car c'est bien de cela dont il s'agit : faire émerger sur les décombres de l'Instruction publique et de l'Education nationale une véritable usine à reproduction sociale en l'absence de mobilité sociale : « tel père, tel fils". 

En d'autres termes, un retour au XIX° siècle à l'aube du XXI° siècle. 

Et c'est pourquoi pour beaucoup de Jeunes d'aujourd'hui, en France comme en Espagne ou dans d'autres pays européens au bord de la récession où le taux de chômage des jeunes est élevé et où l'âge de départ légal à la retraite est sans cesse reculé (ou encouragé par les propres administrations publiques pour faire travailler les agents de l'Etat jusqu'à 67 ans), l'école n'est plus perçue comme un facteur d'épanouissement personnel et de réussite professionnelle. 

Aux revendications portées par les lycéens et étudiants (abolition du « parcours Sup » à l'entrée de l'université et de « Mon master » pour accéder au second cycle universitaire, qui, dans les deux cas, équivalent à une sélection déguisée, manques de moyens financiers et humains, bourses insuffisantes, énormes problèmes de logement pour les étudiants etc. ) vient s'ajouter, le refus de frais d'inscriptions majorés pour les étudiants hors Union Européenne, une nouvelle discrimination contraire aux traditions humanistes de l'Université et adoptée sous l'impulsion d'un rance conservatisme auquel les gouvernements sont de moins en moins insensibles.

La démocratie ne commence ni ne s'arrête au bulletin de vote. La démocratie sociale se cultive et est incompatible avec l'autoritarisme et la violence effrénée de la force publique (6000 arrestations en quelques semaines, jeunes lycéens mineurs mutilés etc.), situation dénoncée jour après jour par les organisations de défense des droits de l'homme, entre autres.

Jusque-là, la réponse du gouvernement à des revendications légitimes ne s'est exprimée que par le biais d'une violence aveugle à l'encontre du mouvement lycéen et étudiant comme si la France était en guerre contre sa propre jeunesse. 

A chacun de juger.

07.10.2026


Publicaciones

www.lulu.com/spotlight/alberto-lopez-sanjurjo/

Vacances d'été en Dordogne, (disponible sur ce site), traduction par l'auteur de "Veraneo en Dordoña", Letras de Chile, Septembre 2026

La menace, traduction du récit intitulé "La amenaza", de Jacinto Octavio Picón (disponible sur ce site) juillet 2026

Trois femmes,  Traduction de Tres mujeres de Jacinto Octavio Picón, Lulu Press, juin 2026

Pépinière de curés, Traduction de Criadero de curas d'Alejandro Sawa, Lulu Press, Avril 2026

Doña Gertrudis, ALS, Lulu Press, febrero de 2026

L'ami de la mort, traduction de la  nouvelle de Pedro Antonio de Alarcón, Lulu Press, janvier 2026

Symphonie de deux romans, traduction de Sinfonía de dos novelas de Leopoldo Alas, Lulu Press, janvier 2026

Amitié funeste, traduction de Amistad funesta de José  Martí, Lulu Press, septembre 2025

Un alma sencilla, cuento de Gustave FLaubert, Lulu Press, Mayo de 2025

El alma de la casa, cuento de Théophile Gautier, Lulu Press, Enero de 2025

La cafetera, cuento fantástico de Théophile Gautier, Lulu Press, Noviembre de 2024

Enrique Humvol, Tomo III, El naufragio, ALS, Lulu Press, Octubre de 2024

La rébellion, nouvelle de ROMULO GALLEGOS, disponible en accès libre sur ce site, septembre 2024

Le mariage de Souris, traduction de El casamiento de Laucha de Roberto Payró, Lulu Press, juin 2024

Parmi les orangers, traduction de Entre Naranjos de Vicente Blasco  Ibáñez, Lulu Press, mars 2024

Sonate d'Automne, traduction de Sonata de otoño de Ramón del Valle-Inclán, Lulu Press, Junio 2023

Doña Gertrudis, Tomo II, ALS, Lulu Press, Mayo 2023

Mémoires d'un homme d'action, traduction de Memorias de un hombre de acción, Tomo 1, El aprendiz de conspirador de Pio Baroja, Lulu Press, Mars 2023

La corruptrice et la bonne maîtresse, traduction de La corruptora y la buena maestra de Fernán Caballero (Cecilia Böhl de Faber, Lulu Press, Janvier 2023

Journal amoureux, traduction de Diario de amor de Gertrudis Gomez de Avellaneda, Lulu Press, octobre 2022 

Doña Gertrudis, Tomo I, ALS Editorial Lulu Press, Septiembre de 2022

Pepita Jiménez, traduction du roman de Juan Valera, Lulu Press, juin 2022

Les Hauts Buis, Oeuvre complète, ALS, Editions Lulu Press, juin 2022

Ulises Vergara, ALS, Editions Lulu Press, juin 2022

Roman disponible gratuitement par épisodes sur le site: https://ulises-vergara-bujan.webnode.es

Margarita, récits de jeunesse, ALS, Edtions Lulu Press, Mars 2022

El Chilamate y la Serpiente/Le Chilamaté et le Serpent, ALS, Edición bilingüe, Lulu Press, Febrero de 2022

Enrique Humvol, Tomo II, Las chinas preciosas, ALS, Editorial Lulu, Febrero de 2022

Xiloé la joven estrella/Xiloé le jeune étoile, ALS, Edición bilingüe, Lulu Press, Febrero de 2022

Enrique Humvol, Tomo I, El Estuario, ALS Lulu Press, Enero de 2022

Los Altos Bojes, Tomo II, ALS, Lulu Press, Octubre de 2021

Novela disponible por entregas gratuitas en el sitio: https://ulises-vergara-bujan.webnode.es

Los Altos Bojes, Obra completa, ALS, Editorial Lulu Press, Octubre de 2021

Les Hauts Buis, Tomo I, ALS, Editions Lulu Press, Juillet 2021

Roman disponible gratuitement par épisode sur le site: https://ulises-vergara-bujan.webnode.es

Margarita, Cuentos de juventud, ALS, Editorial Lulu Press, Mayo de 2021

Xiloe la joven estrella - El chilamate y la serpiente, ALS, Editorial UDL, 2021

Xiloé la jeune étoile, ALS, Editions Lulu Press, 2021

Le Chilamaté et le Serpent, ALS, Editions Lulu, 2021

Los Altos Bojes, tomo I, ALS, Editorial UDL, 2020

Novela disponilble por entregas gratuitas en el sitio: https://ulises-vergara-bujan.webnode.es

Publicaciones venideras:

  

Enrique Humvol, tomo IV, 
Viaje a Muelle Huari


El Comodoro


Doña Gertrudis 

tomo IV


Epistolario de Nuestra América


Doña Gertrudis, tomo I


Las soledades de Santa Rosa

Era día de verano. Gertrudis acababa de tender la última cesta de ropa blanca recién lavada. Agotada y sofocada por el calor de las diez, se sentó en un banco de madera con desesperación y hastío que ya difícilmente podía contener. Años hacía que se resistía a tomar esa decisión. 

Miró a lo lejos las encorvadas siluetas de su padre y de tres de sus hermanos en la huerta. De la cocina cuya puerta daba al patio, salían las voces de la criada, de la cocinera y de su madre cuyos chistes y risas le helaban la sangre. Pasó delante de ella arreando un par de bueyes don Pedro y la saludó cortésmente, moviendo levemente el ala del sombrero de paja con el índice. 

En lo alto del cielo, revoloteaban por las techumbres de tejas de las casas del pueblo unas golondrinas que apenas unos meses antes anidaban en África. Se quedó Gertrudis un largo rato siguiendo con los ojos los veloces zigzag de las aves viajeras y se perdió su mirada por la ciudad.

En aquel entonces, era Pozolindo capital de provincia y concentraba todos los atractivos con los que puede soñar una muchacha de su edad: un sinnúmero de tiendas por las que ir de escaparates, espaciosos y animados parques sombreados por donde ir de paseo y grandes plazas rodeadas de galerías cuyas atiborradas terrazas de cafés y restaurantes, heladerías, pastelerías y confiterías estaban siempre llenas. 


Doña Gertrudis, tome I

C'était un jour d'été. Gertrudis venait d'étendre le dernier panier de linge blanc immaculé qu'une légère brise imprégnait de lavande. Epuisée et accablée par la chaleur de dix heures, elle s'assit sur un banc en bois, éprouvant un sentiment de désespérance et de profonde lassitude qu'elle avait de plus en plus de mal à contenir. Cela faisait des années qu'elle se refusait à prendre cette décision. Elle regarda les silhouettes voutées de son père et de trois de ses frères qui se détachaient, au loin, dans le verger. De la cuisine, dont la porte donnait sur la cour, on entendait les voix de la domestique, de la cuisinière et de sa mère dont les plaisanteries et les rires lui glaçaient le sang. Don Pedro, qui faisait avancer deux bœufs attelés, passa devant elle et la salua avec respect, soulevant légèrement de l'index l'aile de son chapeau de paille. Dans le haut du ciel, voltigeaient des hirondelles qui, de temps à autre, venaient, habiles et fugaces, tourbillonner au-dessus des toits de tuiles du village. Qui aurait pu penser que quelques mois plus tôt, elles nichaient encore en Afrique. Gertrudis demeura un long moment à suivre des yeux les agiles zigzags de ces oiseaux voyageurs et son regard se perdit dans les lumières de la ville.

A cette époque, Pozolindo était capitale provinciale et elle concentrait tous les attraits dont peut rêver une jeune fille de son âge : un nombre infini de boutiques et d'échoppes pour faire du lèche-vitrine, de spacieux parcs ombragés et animés pour se promener, se distraire et se détendre et de grandes places entourées de galeries sous lesquelles se trouvaient des terrasses de cafés, des restaurants, des glaciers, des pâtisseries et des confiseries qui jamais ne désemplissaient.

Ultima novela: Enrique Humvol, Tomo III, El naufragio

Alberto López Sanjurjo
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